Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 11:23

Publié dans : De pensées en citations

 

 

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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 17:22

Publié dans : Histoires ordinaires

bord de mer 

Les ajoncs ondulaient doucement sous la  brise légère soufflant du large, dessinant comme des vagues argentées sur les vieilles dunes. Plus bas, les cristes marines s’étalaient en bouquet vert clair sur les roches aux reflets sombres. C’était le temps des grandes marées et l’océan s’était retiré au loin, découvrant un paysage inconnu avec ses ilots rocheux couverts d’algues brunes et ses vallées de sable clair, royaume des petits crustacés.

 

Emile et moi étions sur le sentier des contrebandiers, assis sur un muret et nous regardions les vagues qui peu à peu regagnaient le rivage abandonné le temps d’une marée. La pluie de la veille avait brisé mes envies de sieste sur les sables dorés de la plage et j’avais accepté avec enthousiasme l’idée de cette balade proposée par mon vieil ami. Il avait passé le cap des quatre-vingts printemps et conservait sur les êtres et les choses un regard pointu, empreint de sagesse. Avec sa casquette gris bleu de vieux loup de mer vissée sur la tête, il dégageait une force tranquille et ses yeux brûlaient  de ce quelque chose d’inaltérable qu’était sa passion pour la mer et son pays breton. Il parlait peu, se confiait rarement et ce qu’il racontait se lisait souvent dans les silences qui ponctuaient ses récits.

 

En cette fin de journée quelques nuages jouaient à cache-cache avec le soleil déjà bas sur l’horizon. Ici le temps change très vite et la pluie arrive sans crier gare, alors ces nuages ne me disaient rien qui vaille même s’ils me semblaient être d’une grande beauté. L’un d’entre eux en s’étirant paresseusement vers le soleil se colorait de roses, de jaunes dorés et pâles du plus bel effet. A la question météo que je lui posais, Emile me répondit qu’il ferait soleil demain, ajoutant comme s’il devançait ma remarque suivante que le journal n’y connaissait rien, qu’il se trompait trois fois sur quatre. Je lui demandai comment il pouvait savoir.

 

« Liou an amzer » me répondit-il après un long moment. Comme je ne connais pas un seul mot de breton, je restai silencieux espérant des explications qui ne vinrent que longtemps après, sur le chemin du retour.

« Il faut lire les vents, lire dans les ombres des brumes qui estompent l’horizon, il faut lire les couleurs de la mer, les reflets dans les vagues et si tu sais lire tout cela tu sauras pour demain. Liou an amzer, c’est la couleur du temps. »

 

Le lendemain, il n’y avait pas un seul nuage pour guetter mon réveil mais les dalles de l’allée, gorgées d’eau me disaient qu’il avait plu dans la nuit.

 

 

Septembre 2010


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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 10:26

Publié dans : vagabondages

 

Renaitre avec l’aube et découvrir le matin,

L’avenir c’est l’impatience des lendemains.

C’est danser avec la pluie des orages d’été

Sur une musique que seul le vent connaît,

C’est lire les étoiles inondant tes yeux lilas

Quand ton corps se glisse entre mes bras.

Demain, c’est geler quelques jours glacés

Dans une vague à oublier de la mémoire,

C’est écrire sur une page en blanc sur noir

Les rêves à vivre ou les ponts à traverser.

 

Et les terres inconnues des jours à venir

Emergeront du sillage doré des désirs.

 

Avril 2010

 

La vie c’est l’avers et l’envers d’une vallée traversée par des ombres et des lumières changeantes de  jours en jours, de saisons en saisons. Vers le jour est le versant soleil de Vers la nuit….

 

 

 

 

 


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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 17:48

Publié dans : vagabondages

 

 

Ombres et lumières de chants à écrire,

Noirs et ors de tristes ou belles histoires,

Loin des rivages abrupts de la mémoire,

Les terres inconnues des jours à venir,

Emergent du sillage de nos espérances.

Ombres noires sur les murs immenses

De l’incertain qui dessine notre chemin,

Lumières dorées de mains entrecroisées

Brûlant  nos corps encore avides d’aimer,

Bien étranges sont les ponts vers demain.

 

Renaitre avec l’aube et découvrir le matin,

L’avenir c’est dire d’hier je m’en souviens.

 

 Avril 2010


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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 17:55

Publié dans : Textes du temps perdu - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture

 

C'est une ville dans la ville, nichée sur une colline, avec ses allées en pavés disjoints, ses quartiers et ses sentiers de terre battue, une ville un peu étrange, un lieu solennel et cosmopolite où les promeneurs déambulent à la rencontre de l'Histoire. Un rendez-vous place des grands hommes aurait pu chanter Patrick Bruel....

 

Le cimetière du père Lachaise est magnifique sous le soleil de la fin d'après-midi et les pierres plus que centenaires de vieilles tombes délaissées depuis longtemps se parent des couleurs de l'ombre et de l'oubli. Ici la simplicité côtoie la démesure. Des caveaux gigantesques aux sculptures rongées par le temps s'élèvent encore au ciel, témoins muets d'une opulence passée, vestiges de l'arrogance d'une noblesse et d'une grande bourgeoisie déchue qui confondaient richesse et éternité, qui refusait d'entendre l'éphémère de la gloire par la seule naissance octroyée.

 

En haut d'un escalier, une tombe fleurie, en partie cachée par une foule silencieuse. " Naître, mourir, renaitre encore et progresser sans cesse, telle est la loi." Alan Kardec est là, devant moi, vivant encore à travers son enseignement. Les pèlerins touchent et retouchent avec respect le buste de métal de l'instituteur, père du spiritisme, perpétuant un rituel vieux d'un siècle au moins...

 

Je m'éloigne pour une tombe à l'inscription usée surmontée d'une plaque de bronze qui ne trompe pas; c'est une reproduction du radeau de la méduse. Géricault, le romantique tourmenté repose ici. Pas de fleurs, juste les ravages du temps. Ne resterait-il du grand peintre que la valeur marchande de son œuvre ? L'ingratitude humaine est affligeante.

 

A quelques pas de là, brusquement mon humeur change. Je retrouve avec plaisir deux vieux amis qui m'arrachent un sourire. La Fontaine et Molière sont cote à cote et j'imagine ces deux observateurs avisés de la société humaine devisant joyeusement et se moquant depuis des siècles des mœurs de leurs visiteurs. Discours décapant, rafraichissant, plein de grenouilles aussi grosses qu'un bœuf, de précieuses ridicules et de renards....

 

Au hasard des allées, je croise Héloïse et Abélard, amour maudit d'amants impossibles réunis après cinq siècles de séparation, je m'arrête un instant au chevet de la sulfureuse Colette, tombe couverte d'une vaste dalle de granit noir finement poli. Dans ce miroir où les arbres environnants se reflètent, j'ai l'impression de voir glisser page après page l'histoire que conte le blé en herbe.

 

Plus haut sur la colline, à l'écart du chemin, faisant face à un piédestal massif surmonté d'un buste puissant, dominateur, une mince colonne de pierre, fragile, usée par les années. Et me reviennent ces quelques vers à la lecture du nom sur la pierre gravée :

 

          "Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;

            Aaux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,

            Elle élève le cœur et calme la souffrance,

            Comme un esprit des cieux sur la terre exilé."

 

Gérard de Nerval est ici, et la frêle colonne est à son image. Il dort paisiblement sous le regard d'Honoré de Balzac, il dort paisiblement à l'ombre d'un  géant....

 

H de Balzac

 

Le jour décline, il est temps de fermer le grand livre que le temps écrit sur cette colline. Reprendre contact avec la cité des vivants, bouillonnante, agitée par les soubresauts de valeurs qui me semblent chaque jour davantage s'effondrer, c'est quitter un peu l'un des refuges de la culture qui fonde notre société. Je suis en retard et je presse le pas. Quelqu'un m'attend mais j'emporte comme un bouquet de roses quelques uns des mots de Nerval pour me faire pardonner.

 

Juillet 2010

 

 


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