Vendredi 6 novembre 2009

Publié dans : Regard


Quand le fardeau est bien lourd à porter,

S’asseoir un instant sur le rivage déserté,

Prendre du lac une parcelle de sérénité,

Et poursuivre le voyage, le cœur apaisé…


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Jeudi 5 novembre 2009

Publié dans : vagabondages

Ecrit pour la petite fabrique d'écriture


 

Que peuvent bien se raconter deux personnages oranges et cristallins perchés sur une branche aux reflets bleutés,

sinon…

Les légendes de l’arbre

 

XL et M réfléchissaient. Philosophes reconnus pour leur grande sagesse, Ils avaient la chance de pouvoir vivre en toute liberté sur l’arbre des savoirs, à l’écart de la masse bruyante et agitée de leurs congénères.

-        Qui sommes-nous ? Voila la question, déclara M.

-       Je ne poserais pas le problème ainsi. D’où venons nous, serait plus juste.

 

XL avait l’art de reformuler les questions dans le sens qui l’intéressait. M ne s’en offusquait plus depuis longtemps, étant le plus jeune et surtout le plus petit des deux, il ne pouvait se permettre le moindre manque de respect.

 

-       Notre science a tranché cette question depuis longtemps me semble-t-il. La vie est née de réactions chimiques complexes qui se sont produites lorsque notre monde était encore très chaud. La chimie de la silice est la base de notre existence.

-       Certes, mais de nombreuses interrogations subsistent. Prenons notre forme par exemple. Comment l’expliquer ?

-       Plusieurs théories s’affrontent mais nous touchons là au domaine religieux et je ne suis pas expert en la matière. Ce que je peux dire, c’est que nous vivons une époque de grandes incertitudes qui poussent naturellement les individus vers le refuge intellectuel que sont les religions. Nous ne devrions pas verser dans ces tendances irrationnelles.

 

M voyait bien où son collègue voulait en venir. Leur dernière discussion s’était soldée par un affrontement verbal qu’il avait perdu. XL l’avait quasiment humilié et il ne voulait pas  revivre cette situation. Mais déjà son ami commençait d’abattre ses cartes.

 

-       Contrairement à toi, je suis persuadé que les religions ont un fond de vérité. Je crois que c’est aussi notre rôle que de débusquer des faits avérés dans tout le fatras des discours et des rituels propres à chaque religion. Trouver un fil d’Ariane, le suivre jusqu’au bout et voir ce qu’il en sort pourrait sans doute faire avancer notre connaissance de nous-mêmes.

-       Si fil d’Ariane il y a, je le verrais plutôt dans la physique, les mathématiques… Je suis et je reste un rationnel irréductible.

-       Oui, je sais. C’est là un point de grande divergence. Si la physique et les mathématiques expliquent l’univers, elles n’expliquent pas tout comme tu le crois. La vie s’explique autrement. Que penses-tu de cette nouvelle religion qui attire les foules ?

 

M refusait le débat. Il devait oser une réponse impertinente pour mettre un terme à la discussion.

 

-       Rien. Cette année la mode est de devenir cristalien. L’an prochain les mêmes adoreront le feu ou je ne sais quoi d’autre. Ne me dis surtout pas que tu adhéres au cristalienisme ! J’en serais déçu.

-       J’avoue qu’ils me sont sympathiques. Et puis c’est là que j’ai repéré le fil d’Ariane que je recherche. Leur croyance se fonde sur une vieille légende que bien peu connaissent encore. ..Le monde n’était alors qu’un amas de matière en fusion et l’univers était peuplé de géants. Un jour, l’un deux plongea sa main dans la fournaise pour y arracher un peu de cette soupe primordiale sur laquelle il souffla longuement pour donner vie et forme à la matière qui se refroidissait. Ainsi le géant nous créa à son image. La légende dit aussi que le créateur avait un nom tellement imprononçable qu’on décida de le désigner sous le nom de Maître-verrier, mais cela, nul ne sait pourquoi…….

 

 


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Mardi 3 novembre 2009

Publié dans : Textes du temps perdu



Novembre s’est posé sur le village et le clocher.

Temps des pierres à fleurir au jardin des regrets….

 

Une main douceur caresse mes pensées vagabondes,

Lumière diffuse d’un phare égaré dans l’autre monde

Qui toujours guidait mes pas lorsqu’ arrivait le soir,

Et toujours séchait les larmes perlant à mon regard.

 

Sur mon épaule, une main tendresse abandonnée

Guide mes pas chargés des je t’aime émerveillés

Qui  donnent  à l’orée des jours une couleur d’éternité,

Lumière dorée d’un phare inondant mon cœur partagé.

 

 

De ces deux mains aimées, j’’ai perdu l’une et l’autre pas.

Sur les pierres fleuries dansent les reflets froids et argentés

De gros nuages pressés par l’hiver et ses pluies glacées.

Novembre est là, son ombre lunaire posée sur nous trois.

 

 


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Mardi 27 octobre 2009

Publié dans : De pensées en citations




Absent  jusqu'à lundi.


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Lundi 26 octobre 2009

Publié dans : vagabondages

Et  le moulin m’a dit d’où venait le vent.

Les mots murmurés dans les ailes du géant étaient le début, l’esquisse d’un changement, l’espoir d’une prochaine et inévitable réconciliation entre la nature et les hommes qui l’avait si durement malmenée. L’illusion de l’ordre nouveau où la terre soumise au bon vouloir de l’intelligence humaine  qui se devait de tout offrir sans contrepartie,  menait à une impasse, et le moulin me racontait une bien belle histoire.

Il était depuis longtemps le compagnon des sociétés,  intermédiaire inestimable entre la force du vent et la faiblesse des hommes. Il avait moulu le grain pour fabriquer notre pain, il avait arraché aux profondeurs de la terre l’eau pour étancher notre soif, il avait combattu la mer des siècles durant et conquis de nouveaux territoires en notre nom. Puis  nous l’avions rejeté aux oubliettes du progrès, geste d’orgueil insensé d’une civilisation qui se croyait libérée de la terre qui lui donnait sa chance depuis si longtemps.

Mais  le moulin avait appris du vent  des choses que l’homme  ignorait.

 Alors il avait troqué ses fragiles ailes de bois et de toile contre des pales effilées, il avait grandi, changé sa silhouette pour apporter son modeste écot à la paix entre les hommes et les éléments.  Peu  importait qu’on dise de lui qu’il était beau ou qu’il était laid, à nouveau il était utile et cela lui suffisait.

Entre ses bras démesurés,  il me semblait que le vent riait…..

 

A une amie bloggueuse
qui aime Don Quichotte et les moulins.



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