Textes du temps perdu

Mardi 3 novembre 2009

Publié dans : Textes du temps perdu



Novembre s’est posé sur le village et le clocher.

Temps des pierres à fleurir au jardin des regrets….

 

Une main douceur caresse mes pensées vagabondes,

Lumière diffuse d’un phare égaré dans l’autre monde

Qui toujours guidait mes pas lorsqu’ arrivait le soir,

Et toujours séchait les larmes perlant à mon regard.

 

Sur mon épaule, une main tendresse abandonnée

Guide mes pas chargés des je t’aime émerveillés

Qui  donnent  à l’orée des jours une couleur d’éternité,

Lumière dorée d’un phare inondant mon cœur partagé.

 

 

De ces deux mains aimées, j’’ai perdu l’une et l’autre pas.

Sur les pierres fleuries dansent les reflets froids et argentés

De gros nuages pressés par l’hiver et ses pluies glacées.

Novembre est là, son ombre lunaire posée sur nous trois.

 

 


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Lundi 12 octobre 2009

Publié dans : Textes du temps perdu - Communauté : La récréa - Bigornette

Il me revient en mémoire un petit panier de bois que mon père me donnait les dimanches de fin juillet. Et nous partions dans la montagne, cheminant comme de vieux amis pour cueillir les précieuses myrtilles que la magie de ma mère transformait en délicieuses confitures et en tartes somptueuses.

A flanc de montagne, nous avions nos petits coins secrets, sous bois à peine caressés par le soleil de midi, que j’imaginais habités par des fées et des lutins semeurs de myrtilles. C’est au bout du sentier que nous empruntions ces jours là, que l’horrible roue m’est apparue, trônant sur un pan de montagne mis à nu, gâchant mes retrouvailles avec ce lieu enchanté de mon enfance.

Une roue anachronique, inutile, sans doute oubliée depuis longtemps par ceux qui l’avaient plantée là, mais dominant une plaie béante dans la forêt, saignant encore cette terre rouge et sableuse, gorgée des odeurs âcres douces des orages de printemps.

Quel or y avait-il à arracher aux entrailles de cette paisible et immuable montagne gardienne de majestueux sapins centenaires ? Peut-être l’avidité, la fascination de l’argent facile, ces pourvoyeurs de grandes désillusions…


Une roue !


Une roue stérile offerte aux outrages du temps, comme un arbre mort offre ses moignons noircis et écorcés à la rigueur destructrice des pluies et des vents.

Une roue grinçante et imbécile qui avait sans doute alimenté d’insatiables rêves de loisirs et de richesses que les hivers trop courts ne pouvaient pas rassasier !

Une roue de l’infortune juchée sur son mât d’acier rouillé, telle une statue grotesque érigée à la gloire de quelqu’âme cupide persuadée que détruire est plus rentable qu’aménager ou protéger !

Alors je me suis assis sur le bord d’un rocher, essayant d’imaginer qu’un jour, un vieil homme et un enfant viendraient par ici, devisant et riant, cherchant dans les touffes vert sombre s’étalant au pied de grands et fiers sapins, ces myrtilles succulentes qui donnent aux doigts des enfants de mystérieuses taches violettes et sucrées.

Je n’y suis pas parvenu et la montagne, ma montagne, silencieuse, indifférente, ne m’a rien dit du devenir des hommes.

09/2009


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Jeudi 19 février 2009

Publié dans : Textes du temps perdu


Un nuage s’effiloche dans le ciel du soir,

Lambeaux de pluie que le vent éparpille

Vers l’horizon lointain déjà sombre et noir

Du jour qui s’éteint, du temps qui s’enfuit.

 

A l’est, les rayons dorés d’une invisible lune

Allument ça et là quelques bouquets d’étoiles

Et dessinent en ombre et clair, une irréelle voile

Sur le vaisseau de sable de la grande dune.

 

C’est ici que depuis tant de temps je t’attends.

Dans le clair obscur qui baigne mes sentiments,

Dans le rire et l’amer des espoirs insensés,

Dans la peur de ne pas savoir comment t’aimer.

 

Viendras-tu poser un jour ton cœur et ton sourire

Dans mon cœur désert où tout reste à construire,

Où rien sans nos mains enlacées, ne peut grandir

Ni faire fleurir la terre de grands et beaux souvenirs.

 

A l’ombre d’une grande dune, la nuit, je t’attends.

Rêverie dorée qui me prend et me porte doucement

Sur les rives ensorcelées d’inconscientes contrées

Où je ne sais que déposer mon univers à tes pieds.


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Mardi 3 février 2009

Publié dans : Textes du temps perdu


Il a rangé sa guitare et ses partitions,

Mis au panier les dernières chansons.

Les salles trop vides ont détruit l’envie

Et le miroir lui renvoie des cheveux gris.

 

Un drôle d’hiver est tombé sur sa vie.

Projecteurs éteints, ne reste que la nuit

Traversée par l’écho d’une gloire ternie.

Modes changeantes et temps qui s’enfuit.

 

Quand l’évidence, c’est n’être plus rien

Qu’un anonyme perdu au bout du chemin,

Une musique usée qui ne fait plus danser,

Un vieux refrain depuis longtemps oublié,

 

Il est temps d’organiser le dernier adieu.

Mieux vaut périr que ne plus être aimé,

Mieux vaut s’élever vers d’autres cieux

Puisque dit-on, l’artiste ne meurt jamais.


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Lundi 26 janvier 2009

Publié dans : Textes du temps perdu



     Immense, effrayant avec ses bords au verdâtre indéfinissable,
nuage sombre et lourd d’incertain...


     C’est le nuage de la sourde colère qui monte entre les hommes
et les éléments, comme une promesse des terribles tempêtes,
qui un jour et contre nous se déchaîneront.

     Nous sommes les héritiers indignes du jardin aux mille beautés,
passagers sans conscience d’un navire prodigieux que nos enfants
nous ont loué...


     Et cet être famélique qui habite parfois les songes de mes nuits
agitées, qui ne cesse de répéter que le temps est proche, que
les loyers impayés nous seront réclamés....


     Alors ces nuits là, quand les nuages torturés chevauchent les
vagues géantes et déchirent mon sommeil, je m’éveille, me demande
où je suis, et je cherche entre le silence et les bruits, le murmure
encore improbable de l’ouragan naissant qui prendra des vies,
 
    Triste salaire de nos folies.

 


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Mercredi 21 janvier 2009

Publié dans : Textes du temps perdu

    Il est une barrière invisible et ancestrale que bien des hommes franchissent alors qu’ils ne le devraient pas.

Elle ne ressemble ni aux mers ou au fleuves qui séparent les cultures et font naître les pays. Elle n’est pas le mur que l’on érige entre les idéologies forcenées ni les barbelés que l’on pose entre les religions par peur de l’étranger, ni même les fossés que l’on creuse au nom du droit ou de l’égalité.

Cette frontière là n’est pas à la confluence du bien et du mal. Elle les dépasse, elle est ailleurs, et parfois il est possible de la distinguer dans les horreurs et les drames que l’histoire se plait à répéter.

Cette frontière là se cache au plus profond de nos têtes, dans cet espace infime qui sépare l’homme et la bête, le respect de la vie et l’instinct primaire du prédateur.

Il aura fallu des temps immémoriaux pour que nos lointains ancêtres s’extirpent de leur statut d’animalité, il nous suffit d’un pas que l’on fait ou pas pour y retomber.

Alors, pendant que nous parlons d’amour et de beauté, de toutes ces choses merveilleuses qu’il nous est permis de vivre et de contempler, loin de nos regards trop souvent baissés,  ce sont des monstres qui naissent, qui prospèrent, et des mondes qui sont assassinés.

    De cette frontière gravée dans la nature humaine, pourrons nous un jour nous délivrer et conquérir ainsi une ultime liberté ? Il faut en avoir l’espoir et y travailler. Sans cette utopie, il n’est pas d’avenir qui nous soit donné.


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Mercredi 14 janvier 2009

Publié dans : Textes du temps perdu
 

Ce n’était plus le jour, ce n’était pas encore la nuit.

Le temps hésitait, se figeait entre clair et ombre.

C’était l’instant glacé où dans le soir blanc gris

Le jour finissant découpait les formes sombres

D’arbres informes, écroulés sous le poids de l’hiver.

Des bruits familiers portés par le murmure du vent,

Il ne restait rien, pas même le chant de la rivière.

La neige, partout, exhalait un silence lourd, pesant.

 

Et le paysage sans repères, envoûtant et inquiétant,

Aux couleurs délavées, diluées dans le noir et blanc,

M’imprégnait peu à peu de sa beauté hostile, glaciale,

Invitation muette à quitter un lieu devenu inamical.


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Lundi 8 décembre 2008

Publié dans : Textes du temps perdu - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture


        C’était jour de ménage au grenier. Vous savez, ces opérations commandos que l’on commence sans trop savoir pourquoi, une fois tous les dix ou douze ans et que l’on ne finit jamais....

        Garder. Jeter. Déplacer. Occupation poussiéreuse et harassante jusqu’à ce que le hasard ou le destin joue au génie de la lampe magique et décide de rompre la monotonie d’un moment d’ennui. Ce jour là c’est une vieille travailleuse bancale, morceau d’héritage de grand’mère, qui m’a transporté sur un chemin imprévu.

        Un tiroir débordant de boutons collectés sur des générations de chemises et de vestes qui se renverse, et la vieille photo se dévoile, carré de papier glacé aux bords abîmés dont je ne vois tout d’abord que le dos portant une date, 9 juillet 1924. Le temps a fait son œuvre et, de noir et blanc, la photo est devenue d’un pâle jaune et gris.

        Le décor est banal, un pan de mur en pierres apparentes percé d’une porte de bois arrondie, une bicyclette posée à même le sol de terre sombre, avec, au premier plan, un couple souriant se tenant tendrement par la main. Une photo heureuse. L’homme porte une moustache à la Dali, et la femme un tablier clair sur une longue robe noire. De qui s’agit-il ? Ma mémoire s’échappe, remontant le temps à toute vitesse pour trier des montagnes de souvenirs.

        Je ne reconnais pas la maison, une ferme probablement. L’homme à la moustache est un parfait inconnu et si le sourire de la jeune femme provoque un écho bien vague dans ma mémoire, je ne parviens pas à mettre un nom sur ce visage, pas encore.

        Ma curiosité s’éveille, je veux savoir... Peu à peu la photo m’absorbe, le grenier s’évanouit et cette femme que je regarde, bien sur, c’est ma grand’mère. 1924. Quelque chose ne va pas dans cette photo. Etrange impression  que celle d’être un intrus, de pénétrer sans égards un monde intime qui ne m’appartient pas.

        L’homme n’est pas mon grand père, fauché par un obus dans les derniers jours de la grande guerre, et grand’mère ne s’est jamais remariée. Mon esprit s’égare dans les doutes, les hypothèses, les questions qui resteront sans réponses puisque grand’mère nous a quitté depuis longtemps, que ma mère n’est plus là pour éclairer le passé, qu’il n’y a plus personne pour dissoudre les brumes de l’histoire merveilleuse que je ne peux qu’imaginer.

        C’est mieux ainsi. Les boucles du temps se referment souvent sur les secrets. Il me reste à sortir de la photo, sans bruit, sur la pointe des pieds, avec un soupçon de regrets qui donne sa saveur aux mystères non éclaircis. Le grenier est là, immense, encombré et le ranger.....Plus tard, je n’ai plus envie.


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Mercredi 3 décembre 2008

Publié dans : Textes du temps perdu - Communauté : La récréa - Bigornette


                                                                       Ecrit pour les Parchemins de Bigornette


Si j’étais la terre,

     Je serais l’argile rouge pour donner forme et vie à tes désirs,
     à tes envies, roulant sous tes doigts agiles pour n’être plus que cadeau
     de ton imagination.


Si j’étais la terre,

     Je serais la plage de sable blond où ton corps au soleil abandonné,
     dessinerait en monts et vallées les formes galbées de ton corps adoré.

     Je serais de cette plage à toi seule offerte, le rocher enchanté où tu
     viendrais t’abriter des vents mauvais, éloignant les vagues sombres et
     glacées de lointaines tempêtes océanes.

     Je serais la montagne enneigée, gardienne des songes de tes nuits,
     infranchissable muraille veillant sur nos amours et nos plus intimes
     secrets.

Si j’étais la terre,

     Je serais la terre entière, navire lumière de notre voyage dans les ciels
     étoilés, suivant inlassablement les routes d’un bonheur chaque jour
     renouvelé.


Si j’étais la terre,

     J’aimerais être la terre de tes rêves, la planète bleue et ton unique
     univers...  


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Lundi 24 novembre 2008

Publié dans : Textes du temps perdu - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture

 

J’écris parfois les mots de la nuit,

Les mots d’un profond silence.

J’écris parfois les mots du cœur meurtri,

Les mots trop lourds de l’absence.

 

Mots trouvés dans le cahier de la vie,

Pâle reflet cueilli au pré du souvenir

De l’aimée que la vie n’a pu retenir.

Mots en noir jetés sur le papier gris,

Larmes amères d’une histoire brisée

Que la raison ne parvient pas à oublier.

 

J’écris parfois la mémoire blessée,

Lorsque rongé par trop de solitude...

J’écris parfois le vide jamais comblé,

Lorsque rien que vivre est incertitude.

Ecrit pour La petite fabrique d'écriture


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