vagabondages

Jeudi 5 novembre 2009

Publié dans : vagabondages

Ecrit pour la petite fabrique d'écriture


 

Que peuvent bien se raconter deux personnages oranges et cristallins perchés sur une branche aux reflets bleutés,

sinon…

Les légendes de l’arbre

 

XL et M réfléchissaient. Philosophes reconnus pour leur grande sagesse, Ils avaient la chance de pouvoir vivre en toute liberté sur l’arbre des savoirs, à l’écart de la masse bruyante et agitée de leurs congénères.

-        Qui sommes-nous ? Voila la question, déclara M.

-       Je ne poserais pas le problème ainsi. D’où venons nous, serait plus juste.

 

XL avait l’art de reformuler les questions dans le sens qui l’intéressait. M ne s’en offusquait plus depuis longtemps, étant le plus jeune et surtout le plus petit des deux, il ne pouvait se permettre le moindre manque de respect.

 

-       Notre science a tranché cette question depuis longtemps me semble-t-il. La vie est née de réactions chimiques complexes qui se sont produites lorsque notre monde était encore très chaud. La chimie de la silice est la base de notre existence.

-       Certes, mais de nombreuses interrogations subsistent. Prenons notre forme par exemple. Comment l’expliquer ?

-       Plusieurs théories s’affrontent mais nous touchons là au domaine religieux et je ne suis pas expert en la matière. Ce que je peux dire, c’est que nous vivons une époque de grandes incertitudes qui poussent naturellement les individus vers le refuge intellectuel que sont les religions. Nous ne devrions pas verser dans ces tendances irrationnelles.

 

M voyait bien où son collègue voulait en venir. Leur dernière discussion s’était soldée par un affrontement verbal qu’il avait perdu. XL l’avait quasiment humilié et il ne voulait pas  revivre cette situation. Mais déjà son ami commençait d’abattre ses cartes.

 

-       Contrairement à toi, je suis persuadé que les religions ont un fond de vérité. Je crois que c’est aussi notre rôle que de débusquer des faits avérés dans tout le fatras des discours et des rituels propres à chaque religion. Trouver un fil d’Ariane, le suivre jusqu’au bout et voir ce qu’il en sort pourrait sans doute faire avancer notre connaissance de nous-mêmes.

-       Si fil d’Ariane il y a, je le verrais plutôt dans la physique, les mathématiques… Je suis et je reste un rationnel irréductible.

-       Oui, je sais. C’est là un point de grande divergence. Si la physique et les mathématiques expliquent l’univers, elles n’expliquent pas tout comme tu le crois. La vie s’explique autrement. Que penses-tu de cette nouvelle religion qui attire les foules ?

 

M refusait le débat. Il devait oser une réponse impertinente pour mettre un terme à la discussion.

 

-       Rien. Cette année la mode est de devenir cristalien. L’an prochain les mêmes adoreront le feu ou je ne sais quoi d’autre. Ne me dis surtout pas que tu adhéres au cristalienisme ! J’en serais déçu.

-       J’avoue qu’ils me sont sympathiques. Et puis c’est là que j’ai repéré le fil d’Ariane que je recherche. Leur croyance se fonde sur une vieille légende que bien peu connaissent encore. ..Le monde n’était alors qu’un amas de matière en fusion et l’univers était peuplé de géants. Un jour, l’un deux plongea sa main dans la fournaise pour y arracher un peu de cette soupe primordiale sur laquelle il souffla longuement pour donner vie et forme à la matière qui se refroidissait. Ainsi le géant nous créa à son image. La légende dit aussi que le créateur avait un nom tellement imprononçable qu’on décida de le désigner sous le nom de Maître-verrier, mais cela, nul ne sait pourquoi…….

 

 


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Lundi 26 octobre 2009

Publié dans : vagabondages

Et  le moulin m’a dit d’où venait le vent.

Les mots murmurés dans les ailes du géant étaient le début, l’esquisse d’un changement, l’espoir d’une prochaine et inévitable réconciliation entre la nature et les hommes qui l’avait si durement malmenée. L’illusion de l’ordre nouveau où la terre soumise au bon vouloir de l’intelligence humaine  qui se devait de tout offrir sans contrepartie,  menait à une impasse, et le moulin me racontait une bien belle histoire.

Il était depuis longtemps le compagnon des sociétés,  intermédiaire inestimable entre la force du vent et la faiblesse des hommes. Il avait moulu le grain pour fabriquer notre pain, il avait arraché aux profondeurs de la terre l’eau pour étancher notre soif, il avait combattu la mer des siècles durant et conquis de nouveaux territoires en notre nom. Puis  nous l’avions rejeté aux oubliettes du progrès, geste d’orgueil insensé d’une civilisation qui se croyait libérée de la terre qui lui donnait sa chance depuis si longtemps.

Mais  le moulin avait appris du vent  des choses que l’homme  ignorait.

 Alors il avait troqué ses fragiles ailes de bois et de toile contre des pales effilées, il avait grandi, changé sa silhouette pour apporter son modeste écot à la paix entre les hommes et les éléments.  Peu  importait qu’on dise de lui qu’il était beau ou qu’il était laid, à nouveau il était utile et cela lui suffisait.

Entre ses bras démesurés,  il me semblait que le vent riait…..

 

A une amie bloggueuse
qui aime Don Quichotte et les moulins.



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Jeudi 22 octobre 2009

Publié dans : vagabondages - Communauté : La récréa - Bigornette

Légère, elle est entrée sans bruit, par le soir déposée sur  un tapis.

Mais pourquoi  venir mourir ici, loin du vent, de son monde favori.

Et nous sommes partis, à la recherche de  l’arbre où elle avait grandi

De ses branches déshabillées, offertes au rouge du jour  à l’agonie.

Il était là, veilleur fier et obstiné des fleurs  fanées  par la fin de l’été

Gardien magnifique et séculaire posté près du chemin de la forêt.

Plus tard dans le soir, à la page souvenir de mon dictionnaire usé

La feuille trouva place, marque page d’une rencontre et de ses secrets.



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Mardi 6 octobre 2009

Publié dans : vagabondages


Enfin j’ai posé mes valises

Après tout ce temps

Posées… Définitivement

Ma maison, mon église,

Le regard de la femme aimée

Et son corps pour s’y noyer,

Mon île perdue, abandonnée,

Voila mes rêves des nuits d’été.

 

Fenêtre d’hôtel rideaux ouverts,

J’ai vécu là, étranger, solitaire.

Travailler puis regarder la mer,

Compter les jours, les samedis

Les avions repartant vers Paris,

Rien d’autre à faire, c’est la vie,

Celle des jours gris, et c’est fini.

J’ai remis mes chaussons usés

Comme pour le sort conjurer,

Car je ne suis qu’un nouveau né

Dans l’univers des retraités.

Peut-être écrire mes mémoires

Ou alors me mettre à boire…

Que faire de tout ce temps ?

Avec vous, je suis, dorénavant

Pour rire écrire et chanter

En vers en prose ou en photos

Ce rêve d’un monde plus beau.

Où les larmes perles de rosée

Où les nuits noires d’or teintées

Où coulent pour les cœurs blessés

Les douces rivières de l’amitié.

 

Le temps est mien désormais

Avec bien des songes à partager.


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Vendredi 27 mars 2009

Publié dans : vagabondages - Communauté : La récréa - Bigornette
 



Ouvre vite les volets

Le givre a fait place à la rosée.

La terre renaît

Le vieil hiver glacé s’est envolé.

 

         Ici une primevère

         Pointe le petit bout de son nez.

        Jaune sur tendre vert

        Une jonquille aux pétales écarquillés.

 

                  Le souffle du vent

                  Dessine le ciel gris en nuages bleus.

                  De son nouveau chant

                  Le merle s’égosille, fier et heureux.

 

                       Nature en folie

                       Boulimique, affamée d’ardent soleil.

                       Que vive la vie 

                       C’est jour de réveil pour les abeilles.

 

                            Ouvre vite les volets

                            Il est venu le temps béni des amours.

                            A l’orée des forêts

                            Les mésanges jouent à se faire la cour.

 

Ouvre vite les volets

Le printemps paraît.


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Mardi 24 février 2009

Publié dans : vagabondages

 

Temps gris, morne journée.

Relents d’hiver dans le jardin dévasté.

Esprit vide, absentes pensées.

Et puis juste une envie, une envie d’été.

 


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Mardi 2 décembre 2008

Publié dans : vagabondages

 

Les hommes qui vivaient ici sont partis depuis longtemps.

Silence. Le regard accroche une autre échelle de temps,

Et, dame nature s’amuse avec les couleurs et les lumières,

Sur fond de ciel mirage dessiné dans le miroir d’eau claire...

 


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Mercredi 19 novembre 2008

Publié dans : vagabondages - Communauté : La récréa - Bigornette
Pour les  Parchemins de Bigornette.
 

Cette nuit là

Le brouillard était si dense,

Un brouillard  à couper au couteau,

Que j’en ai mis la bagnole sur le dos.

Il y eut une forte odeur d’essence

Puis un grand moment de panique.

J’ai couru à travers champs

N’importe où et droit devant,

Mais c’était un lieu maléfique

Et un arbre géant et sans pitié

D’un coup de tronc m’a assommé.

Cette nuit là

C’est à l’hosto que je fus réveillé

Par une infirmière et son décolleté.

Ne restait plus de ma voiture brûlée

Qu’une clé, dans ma main enfoncée.

Au petit matin, me manquait une main...

Opération ratée m’a dit le chirurgien,

L’air désolé, avec ma clé dans sa main.

Un brouillard si dense habitait mon esprit

Que le cauchemar disparut sans bruit,

Me réveillant au beau milieu de la nuit.

Dans mon canapé, je m’étais endormi,

Et, sur le poste de télévision encore allumé,

Un type braillait devant une auto incendiée.

Cette nuit là,

Je me suis endormi dans mon canapé

Avec à la main, un trousseau de clés...


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Jeudi 6 novembre 2008

Publié dans : vagabondages - Communauté : La récréa - Bigornette


Lorsque ma fille a décidé d’aller définitivement vivre sa vie dans l’univers qu’elle  bâtissait depuis sa prime jeunesse, je suis devenu, sans le savoir, héritier et propriétaire de Momo. Voulait-elle laisser une trace afin que je ne l’oublie pas ? Peu importe, c’est bien connu, les parents ne comprennent pas toujours leurs enfants. Qu’allais-je bien pouvoir faire de Momo et de son bocal ?

L’expérience aidant, j’ai bien compris qu’il me fallait mettre le poisson rouge hors de portée des pattes griffues et agiles du chat régnant sur les lieux. Et puis j’ai bien compris aussi que Momo, particulièrement laxiste coté propreté, menacé d’asphyxie au bout de trois jours, exigeait une attention particulière. J’ai donc décidé d’installer Momo alias Maurice, dans un monde qui pouvait à la fois garantir sa sécurité et ma tranquillité.

Exit le bocal ridicule et bonjour l’aquarium. J’ai donc installé Momo dans un palace surdimensionné, climatisé, avec distributeur de nourriture programmable. Le nec de la technologie. Visiblement tous les problèmes n’étaient pas réglés car Momo semblait s’ennuyer. Bon prince, je lui ai proposé une compagne ou un compagnon, je ne suis pas spécialiste de la sexualité des poissons rouges, mais l’affaire a mal tourné. Au bout de quinze jours, l’irascible Maurice avait littéralement dépecé son nouveau locataire et un matin j’ai du constater l’ampleur de mon échec.

Et quelques années sont passées.... Momo doit avoir six ans et toujours bon pied bon œil. L’animal est difficile. Dans les paillettes multicolores qui lui sont délivrées deux fois par jour, j’ai remarqué qu’il avait tendance à trier, les paillettes de couleur jaune n’étant pas à son goût. Et puis un événement étonnant s’est produit il y a quelques jours, le 26 octobre très exactement. En ce jour de changement d’heure, il m’a fallu recharger le distributeur de nourriture et j’en ai profité pour mettre à la nouvelle heure le programmateur. Mauvaise idée. La nourriture arrivant une heure plus tard qu’autrefois, Momo pique une crise deux fois par jour, et tente de démolir la bouche du distributeur, n’hésitant pas, dans sa colère, à sauter hors de l’eau pour s’en prendre à l’appareil. Alors, hier j’ai remis le programmateur à l’ancienne heure et, ce matin, le calme règne à nouveau dans la case à Momo.

Qui a dit qu’un poisson rouge n’avait que deux secondes de mémoire ?


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Mardi 28 octobre 2008

Publié dans : vagabondages - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture

 

Un peu de pluie pour mes champs

C’était la prière du paysan.

Soleil, soleil criaient les vacanciers

Partout où ils posaient les pieds.

Mais la grenouille avait fumé un joint

Et le ciel n’y comprenait plus rien.

Les nuages firent la grève de la pluie

Le soleil se mit en congés maladie

Laissant le vent choisir le temps.

Les gens ne sont jamais contents...

De la neige qui tombe en Juillet !

Des roses qui fleurissent en Janvier !

Sont-ils si peu intelligents, ces humains

Qui, à la grenouille, offrent les joints ?


                              Texte pour l'exercice en cours de la petite fabrique d'écriture

 


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