Nocturne
L’horizon tombe sur le soir qui s’avance,
Horizon sans limites des plus secrets désirs,
Des jeux joués sur le rivage de l’indécence,
Des mirages échappés des tables du plaisir.
L’horizon tombe sur les planches du théatre,
Lumières blanches et rouges sur décor noir,
Corps dénudés offerts au regard pour un soir,
Arabesques dansantes aux couleurs d’albâtre.
L’horizon tombe sur les nuits démesure et folie,
Regards perdus dans les brumes du cabaret,
Regards brillants, gorgés des larmes de l’envie
De ces femmes faites belles pour quelques billets.
L’horizon tombe sur les projecteurs surchauffés,
Rideau de velours rouge que la foule applaudit
Avant de fuir vers l’ailleurs d’autres jeux de nuit,
Noctambules à qui le jour ne donne plus à rêver.