Solitaire
Ce n’était plus le jour, ce n’était pas encore la nuit.
Le temps hésitait, se figeait entre clair et ombre.
C’était l’instant glacé où dans le soir blanc gris
Le jour finissant découpait les formes sombres
D’arbres informes, écroulés sous le poids de l’hiver.
Des bruits familiers portés par le murmure du vent,
Il ne restait rien, pas même le chant de la rivière.
La neige, partout, exhalait un silence lourd, pesant.
Et le paysage sans repères, envoûtant et inquiétant,
Aux couleurs délavées, diluées dans le noir et blanc,
M’imprégnait peu à peu de sa beauté hostile, glaciale,
Invitation muette à quitter un lieu devenu inamical.