Chemin de nuit
Tant à aimer dans si peu de temps,
Tant à partager en un si court instant...
Et ce train qui roule, le train de la vie
Qu’un jour, en naissant, nous avons pris.
Et puis une gare, un panneau fin du voyage.
Faut-il déjà descendre et tourner la page ?
C’est un quai désert, tout sombre, tout noir,
Une porte à franchir, un terme à l’histoire...
Tant de choses à découvrir dans cet ici-bas,
Tant de merveilles à vivre dans ce chez moi,
Tant à nous aimer plus encore qu’autrefois,
Et ce train arrêté, ce train qui ne repart pas.
Un éclat d’étoile joue sur la dalle de granit,
Diluant l’image de la vie qui s’enfuit si vite.
Le chant des âmes aimées à jamais parties
Se perd dans le silence du cimetière de nuit,
S’emmêle dans les bruits de l’allée de gravier
Sous mes pas hésitants, emplis de regrets.
Dans ce lieu où se brise tout rêve d’éternité,
Où les pierres polies sont brumes du passé,
Je sens que vivre, c’est se dépêcher d’aimer.
Ta main sur mon épaule, et s’éloigne le quai...