Un dimanche matin
Le pommier du japon a revêtu ses habits de printemps. Sans doute veut-il fêter le premier vol des jeunes merles qu'il a abrité durant de longues semaines. C'est pour cette formidable harmonie qui m'émerveille chaque matin, que je suis parti quelques jours, pour y puiser aussi la force de regarder autrement le monde des hommes égaré sur un chemin où les issues semblent de plus en plus fermées.
Le pommier du japon a revêtu son habit de lumière pour la dernière fois peut-être. L'homme qui l'a planté est mort depuis longtemps et sa demeure n'est plus qu'un vague tas de pierre couvertes de mousses à la lisière de la forêt. Et l'arbre ne sait rien du projet d'un promoteur, une route et des chalets, juste assez pour saccager un paysage qui n'aurait dû qu'être regardé.
Alors j'ai promis de revenir un soir, à l'automne prochain, avec pelle et pioche, pour lui donner sa chance de refleurir encore longtemps, à ce vieux pommier du japon, sans histoires ni prétentions.